Son dernier vœu exhaussé

Bouteflika inhumé aujourd’hui à El Alia

19 Sep 2021
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« Bouteflika n’acceptera de quitter le pouvoir que pour aller à El Alia ». Cette boutade est de l’un de ses multiples ministres qui connait bien la propension obsessive et narcissique de l’homme qui ne voulait pas être « un trois quart de président » à s’accrocher au pouvoir jusqu’au bout de la vie.   Cela aurait certainement pu être le cas n’était le jaillissement brutal et   éruptif du Hirak en 2019, qui, non seulement avait plombé la tentation d’un cinquième mandat presque écrit d’avance mais surtout abîmé le destin présidentiel de Bouteflika en l’obligeant à sortir par la petite porte.  Pour autant, le rêve qu’il a souvent caressé d’être enterré à El Alia, aux côtés des Grands qui ont tutoyé l’Histoire de l’Algérie sera exhaussé.    Abdelaziz Bouteflika aura donc des funérailles officielles et sa dépouille reposera désormais au Carré des martyrs. Ce qui est dans l’ordre des choses, au demeurant, même si sur les réseaux sociaux et dans la foulée de l’annonce de la mort vendredi en soirée, son inhumation au cimetière de Ben Aknoun où reposent sa mère et son jeune frère Mustapha, a été évoquée.  D’ailleurs entre le moment où il a rendu l’âme à Dieu et l’annonce officielle du décès par la présidence de la République, il s’est écoulé un certain temps qui s’apparente à une sorte de « flottement » , de temps mort sans doute en lien avec une absence de communication ou de coordination entre la famille Bouteflika et la présidence de la République.  Même dans l’annonce des trois jours de deuil national, sous forme de mise en berne des drapeaux, on retrouve également ce même flottement, car l’usage protocolaire aurait voulu que le deuil national soit jumelé à l’annonce du décès, l’un allant avec l’autre.  Pareil pour l’enterrement à El Alia et la cérémonie de recueillement au Palais du peuple, pour un ultime regard des responsables politiques et des citoyens : c’est d’abord maitre Salim Hadjouti, un des avocats qui composent le collectif de défense de Said Bouteflika qui a communiqué avant que la présidence de la République ne valide.  Sans doute que le président Bouteflika n’aura pas des obsèques aussi grandioses et aussi intenses émotionnellement que celle de son mentor Houari Boumediene en 1978, un moment fort au cimetière d’El Alia où le fringant ministre des Affaires étrangères avait alors prononcé une mémorable oraison funèbre où se conjuguait, comme dans une symphonie funèbre le ton, l’éloquence et l’émotion.  Mais la place de Bouteflika au carré des martyrs, au vu de son combat au long cours au service de son pays, est le moindre des gestes que lui doit la nation en tant que Moudjahid, une qualité bien soulignée d’ailleurs par le président Tebboune dans l’annonce du deuil national.  Quant à son bilan pour ses quatre mandats présidentiels, chacun peut avoir son avis, mais  il appartient   désormais aux historiens qui auront à  en juger, selon la vieille expression latine,  sine ira et studio. 

H.Khellfi 

Dernière modification le dimanche, 19 septembre 2021 16:14
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