Pisciculture intégrée à l’agriculture

Amorce timide à Chlef, mais un créneau porteur

09 Mai 2017
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La pisciculture intégrée à l’agriculture est l’une des filières aquacoles sur lesquelles compte s’appuyer la direction de la pêche et des ressources halieutiques de Chlef afin d’ancrer la culture de production mais aussi de consommation de poissons d’eau douce chez l’agriculteur et le citoyen en général, au vue de sa contribution avérée dans la consécration d’un micro-système environnemental permettant, outre la production de poisson, le recyclage des déchets agricoles tout en mettant un terme à la pollution organique. Selon le chargé du service d’aquaculture à la direction de la pêche et des ressources halieutiques de Chlef, Djilalil Badani, de nombreuses conventions ont été signées au titre de cet effort au moment où une réflexion est en cours en vue de la création future d’une écloserie d’alevins, parallèlement à des actions de sensibilisation engagées en direction des agriculteurs, voire même des citoyens, afin de les inciter à investir dans le domaine, a-t-il signalé. Le responsable a fait, à ce propos, état de la signature de conventions avec la Chambre de pêche de Ténés, de l’annexe de l’Institut de pêche d’El-Marsa et de la direction des services agricoles de la wilaya, en vue du recensement et de la formation des agriculteurs désireux d’intégrer ce domaine. Il a été recensé, à ce titre, 120 agriculteurs, qui sont en attente d’une formation, a-t-il fait savoir. M.Badani a signalé l'initiation, auparavant, d’expériences pilotes avec une vingtaine d’agriculteurs locaux, qui ont intégré la pisciculture dans leurs bassins d’irrigation. Une expérience qui a été couronnée de succès chez certains, s’est t-il félicité, mais, aussi, d’échecs chez d’autres, car manquant de formation et d’informations sur les conditions écologiques et techniques susceptibles de garantir la survie des poissons et leur reproduction en eau douce, a-t-il expliqué. La pisciculture intégrée en milieu agricole se fait dans des bassins d’irrigation (en ciment) ou des cages en plastique placées dans des cours d’eau ou étangs, a ajouté le même responsable, soulignant que les subventions affectées, par les pouvoirs publics aux agriculteurs aux fins de construire des bassins d’irrigation soutient cet effort d’intégration de la pisciculture en milieu agricole. 

La pisciculture intégrée : une ressource de qualité et des engrais naturels

Selon M. Badani, les études scientifiques réalisées dans le domaine ont prouvé que l’élevage de poissons dans des bassins d’irrigation enrichit les eaux des bassins en question en engrais naturels, ce qui va mener progressivement, selon lui, à l’abandon, des engrais chimiques, outre sa contribution (pisciculture) dans le relèvement de la production de poissons (notamment carpe, mulet et tilapia du Nil), qui pourra être écoulé, à l’échelle locale, est-il escompté. Ces études ont été corroborées par Abdelkader Deradji, un agriculteur de la wilaya, qui a assuré que le rendement agricole de ses terres a sensiblement augmenté depuis qu’il a commencé à les arroser avec l’eau du bassin dans lequel il pratique l’élevage de mulet. "Même la qualité de mes fruits a changé en mieux, de l’avis de tous mes clients", s'est-il réjoui. Cet agriculteur, qui élève du mulet dans un bassin d’irrigation de 50 m2, s’est, en outre, dit disposé à agrandir son élevage de même qu’à fournir des alevins aux agriculteurs désireux d’intégrer la pisciculture dans leurs exploitations agricoles, les assurant qu’ils pourront renoncer définitivement aux engrais chimiques, tout en s’assurant une nouvelle source de viande blanche. Les services de la pêche de la wilaya de Chlef se chargent, durant la période de reproduction de certains types de poissons en eau douche (mulet), de pêcher les alevins de poissons et de les entretenir, durant une certaine période, jusqu’à leur adaptation avec leur nouvel environnement, avant de les distribuer au profit des agriculteurs désireux d’intégrer cette activité. Selon les spécialistes du domaine, la nourriture de ce type de poisson doit être essentiellement composée d’azote, de phosphore et de potassium, soit des éléments qui se trouvent dans les excréments des volailles et des bovins, ainsi que certains déchets végétaux, issus des récoltes et des champs, qui sont tous peu coûteux pour l’agriculteur, au moment où les poissons vont le débarrasser des multiples parasites pullulant dans ses bassins d’irrigation.

Pour une culture de consommation du poisson d’eau douce

Parallèlement à l’encouragement de la culture piscicole dans les eaux douces, les services de pêche de la wilaya œuvrent en vue de l’ancrage d’une culture de consommation de ce type de poissons chez les citoyens, qui semblent quelque peu rebutés par le poisson d’eau douce, en dépit de sa valeur nutritionnelle avérée, selon des spécialistes du domaine qui le recommandent pour le traitement de nombreuses maladies chroniques. Selon le Pr. Abdelkader Dilmi Bouras, nutritionniste de son état, les poissons d’eau douce sont riches en anti-oxydants avec un taux appréciable de sels minéraux, réputés bénéfiques pour lutter contre l’hypertension. En outre, le poisson d’eau douce contient un (1) g de sucre pour chaque 200 g de viande, ce qui le rend très conseillé pour les malades diabétiques. Ce nutritionniste a expliqué le rejet par les citoyens de ce type de poisson par l’absence, chez eux, d’une culture culinaire y afférent, outre les habitudes ancrées chez les Algériens, qui préfèreraient, dans leur grande majorité, les poissons d'eau de mer. Au titre des efforts visant le changement de ces habitudes alimentaires, parallèlement à l’accompagnement des projets des jeunes diplômés de la formation professionnelle en pêche continentale, la direction de la formation professionnelle de la wilaya de Chlef organise prochainement la deuxième édition du Festival de cuisson et de dégustation des poissons d’eau douce, a-t-on appris auprès de son directeur, Hakim Azzerouk Zerraïmi.

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