Un rapport de l’INSEE le souligne

Les Maghrébins discriminés aux études et à l’embauche

06 Juil 2017
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Les descendants d’immigrés maghrébins restent largement discriminés dans le marché de l’emploi en France, près de 60 ans après les indépendances de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc. C’est la triste réalité que vient de décliner une enquête de l’Insee «Emploi, chômage, revenu du travail» rendue publique mardi dernier. Il en ressort en effet que dès leur entrée sur le marché du travail, les enfants d’immigrés enregistrent des taux de chômage supérieurs à leurs concitoyens sans ascendance migratoire d’un écart de 20 points. Cette tendance se vérifie au cours des dix années, selon l’institut, sans qu’une éclaircie ne pointe à l’horizon. Cette étude confirme une nouvelle fois que les descendants d’immigrés sont relégués au rang de citoyens de seconde zone en France. A titre d’exemple, on y apprend ainsi que les 10 % des descendants d’immigrés maghrébins les mieux rémunérés perçoivent 18 % de moins que les 10 % des hommes sans ascendance migratoire les mieux payés ! Travail égal, salaire inégal… Selon l’étude de l’Insee, qui s’est échelonnée sur trois ans, entre 2013 et 2016, auprès de personnes âgées de 18 à 59 ans ayant terminé leurs études et vivants en France, cette catégorie de citoyens français, d’origine maghrébine est globalement moins diplômée, avec un écart de 10 points par rapport aux personnes sans ascendance migratoire. Ils sont également plus jeunes puisque 31% d’entre eux ont achevé leur cycle d’études depuis moins de dix ans, contre 21% des personnes sans ascendance migratoire. De fait, ce large fossé qui sépare les deux «catégories de citoyens» impacte directement le système de rémunération en ce sens que, selon l’Insee, «les hommes diplômés, aux racines méditerranéennes et portant des noms à consonance arabo-musulmane, sont confrontés à un indestructible plafond de verre au sommet de l’échelle salariale ». Même les femmes issues de l’immigration ne sont pas indemnes de cette discrimination à l’embauche. Bien qu’elles soient mieux nanties que les hommes selon l’étude, notamment pour celles qui sont actives, les femmes qualifiées peinent cependant à décrocher un job et encore moins prétendre à une bonne rémunération. C’est dire que chez la «patrie des droits de l’homme», il y a des citoyens de première et de deuxième classe. Ceci nous rappelle, à l'occasion de la fête de l'indépendance ce 5 juillet 2017, les deux collèges institués en Algérie durant la colonisation. Un apartheid qui se perpétue jusqu'à nos jours.

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