Rapatriement des crânes des chefs de la révolte des Zaâtcha

Une revendication renouvelée dans les Ziban

31 Oct 2017
178 fois

La revendication de rapatriement des crânes des chefs de la révolte de l’oasis Zaâtcha, dans la wilaya de Biskra, détenus dans le musée de l’Homme à Paris (France) a été renouvelée dans les Ziban à la veille de la célébration du 63ème anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954 et  168 ans après cette insurrection. Il s’agit des crânes, dont ceux des chefs de cette révolte en l’occurrence cheikh Bouziane, son fils Hassan et son conseiller militaire Moussa Eddarkaoui, dont la récupération "demeure une revendication instante qui ne peut point être tue", affirme, dans une déclaration, Mohamed Saâdi, arrière-petit-fils de cheikh Bouziane qui habite aujourd’hui la même oasis, située dans la commune de Lichana (W. Biskra). Pour ce sexagénaire, les membres de sa famille "évoquent avec une profonde peine le souvenir de ces évènements et de la sauvagerie des envahisseurs venus d’outre-mer qui avaient parachevé leur victoire par un massacre collectif des habitants de l’oasis et la décapitation des chefs de cette révolte dont les crânes ont été envoyés à Paris dans le mépris le plus total des valeurs humaines que chante sans cesse la France". Foulant humblement le champ de la bataille survenue en 1849, le descendent de Bouziane récitait le poème composée par sa grand-mère Hennia en hommage à l’héroïsme et aux sacrifices de ces aïeuls face à la barbarie de l’occupant étranger. De son côté, Noureddine Abdelbaki, membre de l’association locale Zaâtcha qui a vu le jour courant 2017, a souligné que l’objectif premier de l’association est d’œuvrer à mettre en valeur la révolte des Zaâtcha et à partager la revendication de la société civile locale afin de récupérer les crânes des héros de cette révolte.

Une résistance épique dans un affrontement à forces inégales
Les évènements dont fut le théâtre l’oasis des Zaâtcha avaient débuté l’été 1849 lorsque des forces coloniales françaises avaient tenté d’imposer leur contrôle à cette oasis rencontrant une farouche résistance de la population conduite par cheikh Bouziane, a rappelé Setar Ouathmani, un universitaire de Bejaia et auteur de plusieurs écrits sur cette révolte. Les premiers accrochages avaient fait 32 morts et des dizaines de blessés dans les rangs français, a souligné cet universitaire, indiquant que cette défaite avait conduit à l’envoi, par les forces coloniales, de renforts de plus de 10.000 soldats et la mobilisation d’autres forces afin d'encercler le site et empêcher l’arrivée des tribus de la région pour prêter main forte à la population et secourir l’oasis. "Plus de 1.500 obus d’artillerie furent tirés contre cette localité pour amener vainement la population à abdiquer. L’arme du génie des troupes ennemies avaient failli dans leurs tentatives de créer une brèche dans les fortifications de l’agglomération oasienne", a relevé M. Ouathmani. Les effectifs des résistants étaient d’environ 800 incluant une centaine d’habitants, répartis sur une aire de deux hectares, soit 20.000 m2 seulement, a relevé le chercheur en histoire, assurant que les troupes du général Herbillon n’avaient réussi à entrer dans cette petite Cité qu’après 52 jours de siège. La bataille s’acheva le 26 novembre par un tragique massacre collectif des habitants, la destruction de toutes les maisons, ainsi que de 10.000 palmiers-dattiers. Les vainqueurs ne se contentèrent pas de cela mais firent décapiter le chef de la révolte, son fils et son compagnon, a-t-il noté. Après les très longues années écoulées, le site de la bataille, jadis verdoyant, est aujourd’hui un terrain d'une nudité désolante et les ruines de ce que furent les constructions de la cité sont entièrement ensevelies sous les sables attendant les chercheurs pour être exhumées. "Cette bataille a particulièrement matérialisé la volonté des Algériens à défendre avec acharnement leur liberté et leur terre aussi élevé que puisse être le prix à payer qui fut dans le cas des Zâatcha, l’extermination de tout ce qui vit, l’effacement du village et l’envoi des crânes des chefs des résistants vers la capitale du pays envahisseur", a souligné l'universitaire Ouathmani Setar.
Aujourd’hui, les voix sont de plus en plus nombreuses à exiger le retour des crânes des héros algériens pour leur rendre honneur et les enterrer dans la dignité dans le sol de leur patrie.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85