Consultations politiques de Bensalah

Seul contre tous

21 Avr 2019
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Au moment où les algériens parlaient de sa démission, comme probable option pour dépasser l’impasse politique actuelle dans laquelle se trouve coincé le pays, Abdelkader Bensalah  a annoncé l’ouverture de consultations politiques, en prévision de la mise en place de la commission collégiale et indépendante qui doit préparer la présidentielle  du 4 juillet prochain.  Ces consultations concernent, selon le communiqué de la Présidence, les partis politiques, les organisations de la société civile et citoyenne, invités donc à discuter des modalités de cette échéance dont la tenue semble, à tout le moins surréaliste, au regard du climat politique dans le pays. Ces consultations sont annoncées le jour même où Bensalah avait reçu l’avocat Miloud Brahimi, au titre de « personnalité nationale » et Abdelaziz Bélaid , président du parti El Moustakbel. Même si le choix de Miloud Brahimi est discutable , au titre de personnalité nationale, ce dernier , n’a pas manqué , de dire à Bensalah que la tenue de la présidentielle le 4 juillet prochain relève de l’impossible.  «La commission que j’ai proposée au chef de l’Etat, prendra les décisions et les procédures nécessaires sur comment faire, qui va faire et quand il faut faire. Cette commission doit prendre toutes les décisions sans hésiter à mettre la constitution de côté», dira en substance le vieil avocat. Puis  d’expliquer que «le contexte politique actuel du pays ne permet pas d’organiser une élection présidentielle le 4 juillet prochain qui sera au niveau des attentes du peuple. Il faut aboutir à la refondation du pays et à la construction d’un régime digne des attentes de ce peuple». Mais comme les choses sont entrain de prendre une autre la tournure, Abdelkader Bensalah risque de se retrouver seul demain, ou alors en face d’interlocuteurs peu crédibles et non qualifiés pour discuter  de l’avenir politique du pays. Abderazk Makri, qui a décliné jeudi l’invitation de Bensalah a qualifié l’initiative de  « grave atteinte à la volonté populaire» qui ne ferait qu’«aggraver la crise» et il annonce que son parti ne prendrait pas  part à cette rencontre  tout en appelant toutes les forces politiques à la boycotter. Ali Benflis s’et fendu hier d’un long communiqué pour décliner lui aussi l’invitation, mais en prenant le soin de développer un argumentaire pour démontrer que ces consultations sont « hors-jeu » et « inopportunes » «Comme citoyen, je partage pleinement les justes revendications de notre peuple. Et comme responsable politique, je m’emploie au mieux de mes possibilités et de mes capacités à contribuer à leur réalisation prometteuse pour la nouvelle citoyenneté, pour l’État de droit et pour la République démocratique et moderne», explique Ali Benflis. Ali Benflis précise à son interlocuteur que le peuple Algérien ne voit à travers ces consultations qu’une «vaine tentative pour éviter de répondre aux exigences réelles en ce sens que le vrai sujet posé avec insistance concerne la présidence de l’Etat, la présidence de l’Assemblée Populaire Nationale  et le Gouvernement». Il est probable que d’autres acteurs politiques ne prendront pas le risque de se mettre en porte à faux de la société qui ne reconnaît pas la moindre légitimité à Bensalah à qui elle demande juste de partir, comme Bouteflika et Bélaiz. La question qui se pose dés lors est de savoir avec qui Bensalah va discuter. ¨Mêmes les anciens interlocuteurs  du pouvoir comme le FLN, le RND, l’UGTA et le FCE sont en pleine crise de légitimité organique et ne peuvent du coup servir d’alibi à une mise en scène  plombée d’avance. L’échec annoncé de ces consultations à contre courant de la volonté populaire doit faire comprendre à Bensalah que sa feuille de route est irréalisable et ce qui lui reste à faire est de jeter l’éponge pour ouvrir la voie à une véritable solution politique, loin du rigorisme  constituionnel de mauvais aloi.

H.Khellifi.

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