L’US Biskra retrouve l’élite

Un club, une histoire…

06 Mai 2019
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C’est dans un stade plein à craquer, une ambiance de fête aux couleurs vert et noir que le complexe olympique du 18 février d’El Alia a accueilli la trentième et dernière journée du championnat de Ligue 2 Mobilis qui a opposé le leader , l’US Biskra en l’occurrence à l’ASM Oran qui se trouve au ventre mou du classement et qui a échappé de justesse à la relégation. Un rencontre qui a tenu toutes ses promesses mais qui a surtout tenu en haleine les supporters qui ont passé de durs moments dans la mesure où ce sont les visiteurs qui ont mené au score à deux reprises avant que Benachour ne marque le but libérateur, celui de la victoire et de consécration pour signer l’accession en division une. Pour en revenir à cette saison, il faut l’avouer, d’aucun ne pouvait parier le moindre dinar quant à la survie du club en division deux tant les difficultés étaient énormes : Recrutement tardif, caisses vides, préparation à la hâte et surtout l’entame du championnat par une défaite concédée à domicile face au nouveau promu, l’USM Annaba en l’occurrence.  C’était sans compter sur la sincérité de la jeune équipe dirigeante, malgré son manque d’expérience, mais sûre de la sincérité de sa mission et de l’abnégation avec laquelle elle avait entamé son travail, les résultats sont venus crescendo prouver la qualité naissante d’une nouvelle équipe qui a étonné plus d’un durant son parcours. Les résultats étant là, les objectifs ont complètement changé. L’objectif du maintien a vite cédé la place à celui de jouer les premiers rôles mais en aucun cas celui d’être sacré champion en fin de parcours. Les cinq dernières rencontres ont toutes été couronnées de succès d’où la propulsion de l’équipe de la sixième à la première place. Un titre arraché avec force, courage et abnégation. Ce succès vient nous rappeler les deux accessions acquises en 2005 et 2017 où le club avait atteint l’élite malheureusement à chaque fois de courte durée. Le mythe de l’ascenseur s’est  vite installé et ce que craignent les fervents supporters qui réclament plus de travail, de moyens et un sponsor major à l’image de la SONATRACH. A cette occasion, il est indispensable de revenir quelque peu sur l’histoire de ce club qui mérite d’être révélée au grand public, car c’est parmi ceux qui ont été à l’origine du mouvement nationaliste, celui de la libération du pays du joug colonialiste. Les premières traces du football à Biskra se situent aux environs de 1911  lors du passage du Club Constantinois, le Sporting Club de Constantine ancêtre du CSC actuel, lors d’une campagne de vulgarisation de ce sport encore méconnu, avait fait naître une certaine passion chez les jeunes.   C’est durant cette même année(1911), que naquit-le premier club sous le sigle d’Etoile Sportive de Biskra (ESB) aux couleurs rouge et blanc. Comme nous le rapporte Abdelhamid Zerdoum dans son opuscule intitulé : « Les sportifs de Biskra 1894-1962 », cette équipe était composée des postiers Jean Pucinelli, Claude Brenda, Augustin Richard, les cheminots Jean Albertini, Antoine Philippi, Jean Berbaud, Emile Durand, l’ouvrier maçon Lucien Anziani, l’ouvrier menuisier Raphael Toureng et l’interprète judiciaire Isidore Cohen.   Cette première association (ESB), n’a pas persévéré dans la pratique du football, brusquement contrariée par la guerre mondiale 1914/1918. Mais on peut parler également de la 2ème ESB  qui, en 1920, par l’intermédiaire de Lucien Schmidt reprit l’initiative par la mise en train de l’ESB et de nouveaux statuts sous la présidence du maire Edmond Cazeneuve. A cette époque l’équipe était entrainée par Marchetti qui avait pour joueurs, les juifs Hayoun Adolf, Prosper Bélaich, les italiens Etienne et Isidore Pizzaferri, Alfred Gherardini, Jérôme Guigli, Jeannot Mattéi, Victor Cillufo, Louis Moretti, les français, Ulysse Goussale, Lucien Toureng, Maurice Elie, Ducastin, Jean Baptiste Ottan, Gilbert Péglion, et Henri Reitz, l’espagnol, Jean Margénidès, les corses Marcel Federspil et Peretti..  A ceux là s’ajoutent les indigènes Bambara Salem, Hammami Younès Ben Soltane, Okbi Mekki Ben Hadj, Brakti Mahmoud, Tiar El Hami, Badis Salah Sadok, Bijou Ali, Saouli Hamid Gandi, Chaabani Louardi, Laid Joyou, Mazio Khelifa. Après une décennie de pataugeage, l’ESBiskra affaiblie par la démission de ses joueurs indigènes entraînant avec eux quelques joueurs français et surtout desservie par une politique antisémite manifestée publiquement par Lucien Schmidt, se disloqua en 1930. Entre temps, c’est-à-dire en 1927 plus exactement le 30 septembre, fut créé le Croissant Club de Biskra (CCB) sous la houlette du Docteur Ahmed Cherif Saâdane qui défia les obscurantistes qu’étaient les bourgeois locaux réticents quant au financement de la pratique sportive. Ce club arborait les couleurs jaune et noir avec un écusson sur lequel était frappé un scorpion. Tout un symbole ! Loin des noms à consonance européenne, cette fois ci les fondateurs avaient pour noms : Lahmar Ahmed originaire de Sidi Mezghich près de Collo, Chouga Ahmed, Khelifa Khelifa Ben Hamma Ali, Baliouz Ahmed,Baliouz Mokrani,Bendriss Mohamed Seghir, Guerfi Abdelkader Zouaoui, Mida Maâmar, Debabèche Ali, Zekiri Hafnaoui, Amraoui Brahim, Djennane Belgacem El Aloui etc… Les joueurs sous la direction de l’entraîneur français Laferre répondaient aux noms de : Kater Mahmoud, Baguermi Tahar, Federspil Marcel, Hamia Amor Chaouch, Peretti, Ounis Rahmani, Saouli Lazhar, Belkhiri Mahfoud, Merabet Mahmoud, Belkadi Zarzour et Brahimi Ali Berrabah. Cette équipe redoutable a eu le mérite d’être champion de l’Est en 1931/1932 et de jouer une finale de la Coupe d’Algérie en 1934 face à l’USMédioni d’Oran,finale perdue sur le score de un but à zéro. La guerre déclarée entre la France et l’Allemagne en septembre 1939, obligea le CCB à cesser ses activités comme les autres clubs de l’Algérie française. Le 10 Avril 1934, alors que Biskra ne comptait pas 10000 habitants, une bande de copains que la misère avait rassemblée de diverses manières, et alors que ses jeunes garçons évoluaient dans des quartiers ou dans d’autres clubs, créèrent l’Olympique du vieux Biskra (OVB) aux couleurs « rouge et noir ». Cela se passait au café Guessoum à Bab Darb, fief du vieux Biskra, messieurs Debabèche Mohamed, Debabèche Ali, Debabèche Salah, Debabèche Badi, Agli Ali Ben Larbi, Zekiri Abdelkader, Belkadi Mohamed, Debabèche Abdeljabbar, Benlagha Mohamed Logbi, Benlagha Amor Mekki, Agli Mahmoud, Debabèche El Hachemi, Boucetta Lakhdar et Maurice Laban donnèrent naissance à ce club qui deviendra , certes dans la douleur et souvent dans la contrainte, grâce à l’opiniâtreté d’un homme appelé Ahmed Cherif Saâdane, l’Union Sportive de Biskra (USB) club né exactement le 14 juillet 1935, fruit de la fusion avec l’Olympique du Vieux Biskra avec le maintien des mêmes statuts en changeant uniquement les  articles 1 et 2. Le premier relatif à la dénomination du club qui portera désormais le nom de l’Union Sportive de Biskra et le second concernant  les couleurs « Vert et Noir » en lieu et place des « Rouge et Noir ».   D’où, la nécessité de porter un correctif sur les écussons qui ne cessent de porter la date de 1934 qui est en réalité celle de la création de l’OVB mais qui devraient porter celle de 1935, ce qui est à mon avis plus juste, à l’égard de l’histoire et par respect à ceux qui la perpétueront.  L’US Biskra face aux défis Par honnêteté envers l’histoire, nous dirons ; c’est à compter du 14 juillet 1935 que l’épopée de l’un des plus vieux clubs de l’Est algérien avait commencé. Même si c’était à d’autres desseins que le Docteur Ahmed Cherif Saâdane avait restructuré le club afin d’activer et de regrouper de nombreux jeunes pour les préparer à des missions plus nobles que celles du foot ball qui demeure avant toute chose un simple jeu, mais autour duquel bien des objectifs étaient en ligne de mire ; l’équipe était composée par le Docteur Ahmed Cherif Saâdane, Président d’honneur Les deux derniers étant citoyens français, ce qui permettait au club d’être en conformité avec les règlements imposés par l’administration coloniale.   La création d’un nouveau club ayant un esprit de fraternité et portant le vert comme couleur de l’espérance voulant également réconcilier les jeunes du nouveau- Biskra et les faire sortir des ghettos du vieux –Biskra, n’a pas été vue de bon œil par l’administration coloniale qui décida d’entraver le développement de ce deuxième club, le considérant  formé par des éléments communistes et nationalistes de nature à troubler l’ordre public français s’ils évoluaient dans une quelconque manifestation sportive populaire. C’est sans la moindre subvention que s’était trouvé le club Vert et Noir d’où une asphyxie suite à une interdiction de toute compétition car étant victime du décret Régnier JORF du 2 octobre 1948 page 9634 Loi n°48-1538 du 1 octobre 1948 abrogation du décret du 30-03-1935, dit  «Décret  Régnier».  Le dit décret portant une sévère répression à l’encontre d’individus suspects d’activisme anti-français en Algérie mises en application pour saboter l’association des oulémas de Cheikh Abdelhamid Ibn Badis qui comptaient parmi ses adhérents, les membres fondateurs de l’USB qui n’étaient autres que Le Docteur Ahmed Cherif Saâdane, Mida Maâmar et Debabèche Ali Dlim. Ainsi, le club fut mis en veilleuse jusqu’en 1946 suite à l’assouplissement des contraintes envers les musulmans. Au cours de cette année, Mida Maâmar et Gharib Ahmed Bedda, à peine libérés de prison, confièrent les statuts du club à Abdelkrim Sfaxi qui devient Président assisté par Mahboub Omar secrétaire général ,Nadji Abdelhamid trésorier et Lachouri Bachir, Gharib Bachir, Assami Mohamed, Khoubini Ammar en qualité d’assesseurs. En 1948/1949, suite à un différent politique, la présidence est revenu à Monsieur Ayati Brahim assisté de Mahboub Omar en qualité de secrétaire général ,Safti Mohamed Directeur sportif, Nadji Abdelhamid, trésorier,Lachouri Bachir, Gharib Mekki, Assami Mohamed, Khoubrini Ammar,Benyahia Mohamed Seghir, et Mebarki Louardi  assesseurs. Pour des raisons financières le club ne s’engagera pas durant la saison sportive 1951/1952, mais reprit la saison suivante soit 1952/1953 sous la présidence de Chaffai Abderrahmane, avec Rezgui Hocine comme trésorier alors que le secrétaire général était Artabaz Abdelali, Messieurs, Hani Abdelkader, Djeghaba Ahmed, Debabèche Abdelkrim, Khobzi Amara et  Abdelhamid Zerdoum en qualité d’assesseurs. Au cours de la saison 1954/1955 nous avons assisté au retour de Monsieur Sfaxi Abdelkrim en qualité de président assisté de Salah Msellem en qualité de secrétaire général, Ouarab Ali, trésorier, Bencharif Abdelali  comme directeur sportif,alors que messieurs : Hani Abdelkader, Djeghaba Ahmed, Debabeche Abdelkrim, Khobzi Amara, Abdelhamid Zerdoum, Maurice Laban étaient des assesseurs. Traités d’anti française en juillet 1955 par Carbuccia Georges Henri sur les colonnes du journal «  La Dépêche de Constantine » et suite à l’emprisonnement des dirigeants militants Messieurs, Diha Ahmed, Mohamed Tahar Zekiri, Barkat Larafi et Sahraoui Mohamed, l’USBiskra vit son siège perquisitionné par la police judiciaire qui emporta les archives et interdit le club de toute activité. Ce n’est qu’au cours de la saison 1959/1960 que le club à pu renaître de ses cendres grâce au courage et à la ténacité  de Abdelhamid Zerdoum, un dirigeant fidèle , très attaché à Biskra, au mouvement sportif et un vrai nationaliste qui utilisa les statuts de l’Astre Sportif de Biskra (ASB) pour remettre sur les rails une jeune équipe dont il assura lui-même la présidence , Aissaoui Mostefa étant trésorier, Arifi Azzeddine secrétaire général, Sahia Ameyra, un ancien scout et militant de la première heure 1er adjoint, Seksig Guy 2ème adjoint Lamri Kaddour directeur sportif et Merabet Mahmoud en qualité d’entraîneur.  

Abdelhamid Zekiri.  

Dernière modification le dimanche, 05 mai 2019 20:57
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