GESTION OFFICIELLE DE LA COMMUNICATION

Un ministre en déphasage

21 Mai 2013
8529 fois

Lorsque Mohamed Saïd a été nommé à la tête du ministère de la Communication (une grande surprise au demeurant, puisqu’il avait des positions radicales à l’égard du pouvoir), les professionnels du journalisme avaient plutôt bien accueilli cette nomination. La raison est toute simple : c’est un ancien journaliste. Un préjugé favorable qui lui donne une sorte de longueur d’avance par rapport à ses prédécesseurs et donc une plus grande latitude à manager le secteur de la communication ô combien sensible. Mais à la première de ses sorties, pour gérer la communication autour de l’attaque terroriste contre la base de Tiguentourine, les professionnels de la presse avaient vite déchanté. En effet, ce jour-là et pour faire oublier les « bourdes » de l’inénarrable Dahou Ould Kablia, il est passé aux commandes de la communication. Catastrophe ! Les Algériens ont découvert un ministre « plus langue de bois que moi tu meurs » En l’écoutant ce jour-là à la télé, en conférence de presse et le soir au JT de 20 heures, les Algériens avaient fait, « en dépit de leur plein gré », pour reprendre une formule savoureuse, un voyage dans le temps. Précisément dans les années soixante-dix, époque où il présentait le JT pour tresser des vers à la gloire de la révolution agraire, version Rabah Dariassa « Khoudh El Meftah ya Fellah ! » En effet, Mohamed Said, ministre de la Communication en 2013 a le curseur bloqué sur les seventies. Il donne l’impression d’avoir raté la parabole des années 80, la révolution numérique des années 90 et l’explosion des réseaux sociaux via l’hadj Google. Au ministère où il est appelé pour faire avancer le dossier relatif à l’ouverture de l’audio-visuel, rien ne bouge .Le projet qu’il a promis de présenter devant les députés et dont les journalistes ont pu consulter une mouture, serait en déphasage intégral par rapport à l’impératif d’ouverture médiatique. Juste des chaines thématiques, pour ceux des professionnels saisis du prurit d’ouvrir une télé. Le projet de Mohamed Saïd est nettement en deçà de celui de son prédécesseur Nasser Mehal que les professionnels de l’audiovisuel avaient pourtant qualifié de « rétrograde » Mais la bourde de trop, c’est incontestablement la censure contre les deux journaux de Hicham Aboud. Car, s’il avait laissé les rotatives tourner normalement pour sortir « Mon Journal » et « Djaridati » toute cette tempête politico- médiatique vécue ce dimanche ne serait certainement pas advenue. Il s’agit de deux journaux qui viennent juste de commencer leur « aventure intellectuelle » et qui ne se targuent pas d’ailleurs d’avoir une grande audience. Et puis les informations incriminées, pour justifier l’acte de censure, ne sont pas aussi « sismiques » que cela. Paradoxalement, cette censure a conféré à ces deux publications un retentissement médiatique planétaire. Leur directeur de publication Hicham Aboud, passait en boucle sur les télés d’information, notamment France 24.Un sacré coup de pub dont il n’a certainement jamais rêvé. Tant mieux ! Pire : cet acte de censure a produit exactement le contraire de l’effet escompté : car à vouloir occulter des informations dites « erronées »sur l’état de santé du Président, il donne un coup d’accélérateur à la rumeur sur la santé du Président .N’aurait-il pas été plus avisé de la part du ministère de la Communication de laisser faire ? C’est le point de vue de nombreux spécialistes. Mais au delà de la personne du Président, cet acte de censure, que les autorités ne veulent pas assumer, donne au monde une image ringarde de l’Algérie.

Omar Zekri

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85