INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS EN ALGÉRIE

Le discours improductif du gouvernement

03 Jui 2013
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Les travaux du forum d’affaires algéro-catalan, tenu hier à l’hôtel El Aurassi, à Alger à confirmé s’il en était besoin que les décideurs économiques en Algérie poursuivent leur valse à deux temps (et tons). Entre le souci faussement idéologique de barricader le marché national par la sacro-sainte règle du 51/49, et la volonté de faire place nette aux opérateurs étrangers, le gouvernement cafouille. Le ministre de l’Industrie, de la PME et de la promotion de l’investissement, Chérif Rahmani s’est répandu hier en littérature racoleuse pour charmer son invité Catalan chargé du Territoire et de la Durabilité. Il a ainsi surfé longuement sur son projet de réviser le code des investissements pour le mettre à niveau des «changements » économiques survenus en Algérie et dans le monde durant la dernière décennie. «Les lois se sont superposées, ce qui a fait perdre au code des investissements sa visibilité», a-t-il lancé. L’autre jour, devant les hommes d’affaire français, il avait déclaré que la révision du code de l’investissement était destinée à «mettre à plat tout le système et de le rendre cohérent». Pourtant ce fameux code a été plusieurs fois loué par de nombreuses délégations étrangères et autres Think tank économiques qui l’ont trouvé très attractif en ce qu’il accorde énormément de facilitations aux investisseurs. Le ministre de l’Industrie qui veut visiblement faire plus qu’il n’en faut, feint d’oublier que ce code a été déjà révisé en…2011. A moins de vouloir offrir des opportunités d’investissement au dinar symbolique, la démarche parait contre productive pour un pays qui prône, dans le discours, le «patriotisme économique». Incohérence Signe de cette dualité d’approche, le secrétaire général de l’UGTA présent à cette rencontre n’a pas manqué de souligner que la règle 51/49, régissant les IDE en Algérie depuis la promulgation de la LFC de 2009, «n’est éligible à aucune remise en cause». Abdelmadjid Sidi Saïd semblait vouloir tempérer l’ardeur de Chérif Rahmani, lors de la conférence de presse conjointe qui avait suivi la rencontre. En pompier de service, le chef de l’UGTA a glissé à propos du contenu du futur code des investissements, que la règle des 51/49 a fait l’objet «de consensus» au sein de la tripartite (gouvernement, UGTA et patronat). «Ne spéculez plus sur cette règle. Le processus est lancé », a-t-il martelé comme couper court à une tentation de remise en cause. Chérif Rahmani qui ne pouvait évidemment le contredire, s’est empressé de lancer : «Je soutiens totalement ce qui a été dit par le secrétaire général de l’UGTA ». Le ministre s’est efforcé, c’est le cas de l’écrire, de défendre le bilan de cette règle interdisant aux opérateurs étrangers de détenir la majorité du capital dans les projets de partenariat à réaliser en Algérie. Son argument ? « Il n’y a pas une semaine, nous avons reçu des délégations françaises et émiraties composées de dizaines d’entreprises qui veulent investir en Algérie. Aujourd’hui, ce sont les Catalans, et mardi prochain ce seront les Turcs. Des dizaines et des dizaines d’entreprises étrangères veulent investir en Algérie.» Cela prouve, selon lui, que l’Algérie est devenue «une destination économique attractive et crédible ». Ce n’est évidemment pas tout à fait vrai et le ministre luimême le sait. Ces délégations d’hommes d’affaires étrangers viennent faire de bonnes affaires dans le domaine du commerce, sans plus. L’Algérie continue d’être perçue comme un immense marché qui plus est, dotée de grandes ressources financières. Quant au partenariat, il n’y a strictement rien de ce côté-ci. «L’Algérie n’est pas un marché, en tout cas, elle ne peut pas être que cela», a glissé l’autre jour la ministre française du Commerce extérieur Nicole Bricq. Et de s’étonner juste après : «Il me paraissait invraisemblable que la France et ses entreprises ne soient pas mobilisées. Quatre entreprises françaises sont présélectionnées dans les appels d’offres en cours». Tout compte fait, il serait faux de soutenir que la règle de 51/49 ne freine pas l’investissement au nom du «consensus» de Sidi Saïd, mais il est tout aussi faux de réduire la dynamique économique à un chassé croisé d’hommes d’affaires étrangers qui viennent prendre des petits fours, écouter la littérature de nos responsable et faire demi tour…

 

Hamid Merakchi

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