Ali Benflis parle du gaspillage et de corruption

‘‘L’Algérie fait face à une crise économique d’une rare acuité’’

13 Mar 2016
483 fois

Le président de Talaie El Houriyet, Ali Benflis, met en garde contre les dangers de la crise économique qui intervient dans un contexte politique marqué par la vacance du pouvoir. Dans un meeting animé hier à Biskra, l’ancien chef de gouvernement a indiqué que tous les clignotants sont au rouge. Mais le pire pour lui, c’est que les dirigeants en place démontrent qu’ils ne sont pas en mesure d’apporter les solutions appropriées à cette crise qui risque de provoquer une dangereuse explosion sociale. « Ce n’est certes pas la première fois que l’Algérie fait face à un retournement de la conjoncture énergétique mondiale qui met à nu la précarité et la fragilité de son tissu économique. Mais le violent retournement de la conjoncture énergétique mondiale auquel fait face l’économie nationale intervient dans les pires conditions pour notre pays », a-t-il fait remarquer, soulignant que l’Algérie fait face à l’un des moments les plus critiques de son Histoire. Ali Benflis fustige ce qu’il qualifie d’une gestion qui instrumentalise l’économie à des fins politiciennes, qui a porté nos importations de 25 milliards de dollars à 60  milliards de dollars en moins de dix ans et qui a rendu notre pays quasi- totalement dépendant de l’étranger pour la satisfaction de presque tous ses besoins. L’ancien chef de gouvernement souligne que le système politique en place déstabilise la société algérienne parce qu’il lui a fait perdre ses valeurs ancestrales de même que ses références et ses repères moraux, parce qu’il entretient la marginalisation et l’exclusion, parce qu’il a banni l’écoute, la concertation et le dialogue. Ali Benflis considère que la déstabilisation sociale de notre pays trouve aussi son origine dans la faillite de notre système économique. « Cette déstabilisation sociale est en train de prendre des proportions alarmantes avec la crise économique actuelle à laquelle nos gouvernants n’ont pas encore trouvé la parade convaincante et rassurante », a-t-il relevé. « Vous voyez tous comment nos gouvernants ont mis le fardeau des ajustements que cette crise exige sur les seules épaules des plus démunis et des plus vulnérables et comment ils en ont exonéré les privilégiés et les nantis », a-t-il souligné, dénonçant également le fait que nos gouvernants aient choisi de réduire drastiquement le budget d’équipement et de maintenir le budget de fonctionnement presque en l’état. Il reproche également au pouvoir en place de se presser pour trouver dans les maigres revenus des Algériens l’argent qui manque à l’équilibre de ses comptes et comment ils évitent soigneusement d’aller chercher cet argent là où il se trouve véritablement, c’est-à-dire dans les marchés de gré à gré, dans la surfacturation des importations, dans les projets surévalués, dans l’évasion fiscale, dans la fuite des capitaux, dans la corruption et dans les fortunes colossales des clientèles du régime politique en place. Ali Benflis trouve que le régime politique en place est « un bon distributeur de rente mais un piètre créateur de richesse ». « La création de richesse suppose l’existence de conditions que ce régime ne peut accepter. Elle suppose des droits, des libertés, de la transparence, le respect des lois et leur stabilité, la lutte contre la spéculation, l’informel et la corruption », a-t-il assuré. Dans de telles conditions, un régime politique bâti sur le clientélisme, le clanisme, le népotisme et le favoritisme ne peut pas survivre », a-t-il affirmé. Le président de Talaie El Houriyet estime que « la modernisation du système politique ne saurait commencer que par le commencement qui consiste à mettre au cœur de ce système les citoyennes et les citoyens et le peuple lui-même et à en ôter le mythe de l’homme fort et de l’homme providentiel qui l’a perverti, faussé sa dynamique et fait dévier de ses objectifs ». Il affirme que « l’Etat algérien fort et respecté, la Nation algérienne harmonieuse et unie et la société algérienne stable et prospère seront l’œuvre de citoyennes et de citoyens libres et d’un peuple souverain seul maître de son destin ». « C’est d’un tel système que dépendent la rénovation économique et la réforme sociale dans notre pays. Et c’est de lui –et de lui seul- qu’elles viendront », a encore dit l’ancien candidat à la présidentielle.

Yanis Belmadi

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85