L’ombre du FMI

27 Nov 2016
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Journée décisive aujourd’hui à l’APN où Mohamed El Ghazi,  ministre du Travail présentera le très controversé projet de loi modifiant les dispositions relatives à l’âge légal de la retraite, jusque-là régi par l’article 2 de l’ordonnance du n° 97-13 du 31 mai 1997.L’ordonnance de 77 qu’il s’agira d’abolir aujourd’hui est un d’héritage du FMI remontant à l’époque où l’Algérie suivait sa thérapie de choc. La retraite anticipée fait justement partie   du paquet des mesures imposées par l’institution financière internationale, dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique d’ajustement structurel en Algérie. Il fallait donc encourager les travailleurs, dont les entreprises ont fait faillite à partir en retraite indépendamment du nombre de leurs années de cotisation et de leur âge.  Une façon de maquiller des licenciements secs. Sauf qu’avec le temps, les travailleurs algériens ont trouvé leurs compte avec cette mesure, pourtant conjoncturelle, qui leur permet de gagner un minimum tout en allant travailler ailleurs dans en CDD.  Le maintien de ce dispositif qui date de 1977 a entrainé, selon les explications récurrentes et insistantes du gouvernement, un sérieux préjudice pour les équilibres financiers de la Caisse nationale de retraite (CNR).Il s’agira donc aujourd’hui pour Mohamed El Ghazi d’expliquer pourquoi il faut tourner la page de la retraite anticipée et de revenir à la loi de 1983 qui institue la règle de l’âge minimum de la retraite à 60 ans pour un homme et de 55 ans pour une   femme.  Le texte en question, propose par ailleurs le droit des travailleurs à poursuivre volontairement leur activité au-delà de l’âge de 60 ans, dans la limite de cinq années. Une façon de brider les employeurs pressés de se débarrasser de leurs travailleurs pour réduire la masse salariale et les charges patronales   Cette disposition permettra aux travailleurs concernés, de valider notamment des années de travail supplémentaires au titre de leur retraite. Le gouvernement met aussi dans son argumentaire la structure démographique de la société algérienne qui montre une évolution significative de l’espérance de vie à la naissance qui est passée de 62,5 ans en 1983 à 72,5 ans en 2000 et à 77,1 ans en 2015. Cela étant, le projet du gouvernement intègre des règles spécifiques concernant les travailleurs occupant des postes de travail à haute pénibilité, qui pourront bénéficier de la retraite avant l’âge de 60 ans. Quels sont ces métiers à risques. Tout ce qu’on sait pour le moment c’est qu’une commission mixte Gouvernement/ UGTA, avec la participation d’experts, a planché sur le dossier pour définir la nomenclature de ces métiers pénibles. On attend toujours. Une autre disposition : c’est un cadeau   pour les travailleurs exerçant des professions hautement qualifiées ou des métiers déficitaires qui pourront bénéficier, à leur demande, d’un recul de l’âge de leur retraite. Une façon peut être de contourner la circulaire Sellal qui obligeait tous les travailleurs ayant atteint la soixantaine à partir en retraite. Une décision qui a posé problème pour les professeurs de médecine, patrons des services.  Mais au - delà du contenu de ce projet de loi, c’est de voir comment les choses  vont se « goupiller » à la lumière des divergences entre Gouvernement et les syndicats qui ont promis de donner de la voix ce matin devant le siège de l’APN.        

H. Khélifi

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