Le gouvernement recule, sans céder

01 Déc 2016
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Le gouvernement recule sur la question de la retraite sans condition d’âge. Mais il ne cède pas. Constatant l’ampleur de la mobilisation contre le projet de loi portant révision du système de retraite, le gouvernement tente de rattraper le coup et calmer les esprits…de moins jusqu’à 2019. En effet, le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, est intervenu avant le vote des députés sur le projet pour introduire un amendement verbal présenté pour maintenir le droit à la retraite après 32 ans de service effectif au moins jusqu’à 2019. C’est donc une période de transition qui vient d’être décidée avant l’application des dispositions de cette loi qui fixent la retraite à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes. En annonçant la décision, le ministre invoque « une instruction du président Bouteflika ». L’amendement en question porte sur une période transitoire de deux  années accordant le droit de bénéficier de la pension de retraite au profit du travailleur qui a totalisé 32 années de service effectif au moins. « Cette mesure intervient dans le cadre du suivi et de l’intérêt permanent accordé par le président de la République à la classe ouvrière de notre pays,  toutes catégories confondues, à l’effet de la prise en charge de ses préoccupations  notamment ce qui a trait au droit de bénéficier de la pension de retraite  sans préjudice des équilibres financiers de la caisse de retraite », soutient Mohamed El Ghazi. A travers cette décision, le gouvernement donne une nouvelle gifle aux députés, notamment ceux de la majorité FLN-RND, qui n’ont pas osé demander un tel amendement. Au-delà de la justification du ministre, c’est la mobilisation citoyenne qui prouve, une fois de plus, qu’elle est toujours payante. Depuis la rentrée sociale, l’intersyndicale de la fonction publique, rappelons-le, a maintenu la pression sur l’exécutif afin de le contraindre à annuler sa décision de supprimer la retraite proportionnelle. La mobilisation a été ponctuée par des rassemblements dans plusieurs wilayas, dont Alger où les manifestants ont été violemment réprimés par la police qui les a empêchés d’atteindre le siège de l’APN. A l’annonce de cette période de transition, les syndicalistes ne crient pas victoire. Ils refusent de donner une réaction hâtive préférant attendre pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette décision qui ne les satisfait pas totalement, d’autant plus que l’intersyndicale exige le maintien de la retraite proportionnelle « qui est un acquis ».        

Samir Rabah 

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