IRRATIONALITÉ ET DÉLIRE À L’APPROCHE DE L’AÏD

Kebch El-Aïd écoulé à plus de 10 millions !

06 Oct 2013
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Le moins que l’on puisse dire, c’est de la paranoïa ! Des moutons pour le sacrifice de l’Aïd ont été écoulés, à Annaba, à plus de 10 millions de centimes. De la pire folie. « De l’X-files, pas aux frontières du réel, mais bien au delà. » estiment des habitants. Imaginez un mouton à 12 millions de centimes ! Et pourtant c’est bien de la réalité. Une triste réalité constatée au niveau d’un quartier chic côtier de la Coquette. Ainsi, comme d’ailleurs chaque année, les « parasites » qui font grimper le prix des moutons à Annaba, sont de retour. Ces businessmans de « Kebch El-Aïd », qui apparaissent uniquement à la veille de la fête de l’Aïd, viennent de toutes les catégories sociales et professionnelles. Ils sont épiciers et vendeurs de légumes, enseignants, fonctionnaires, voire des cadres. Ce sont ces intermédiaires entre l’éleveur ou le maquignon et le client qui est appelé à sacrifier au rituel de la « Dhahia ». Mais, ils ne connaissent de la race ovine que le nom et sont le plus souvent à mille lieux des habitudes et du comportement des bergers et autres vrais maquignons qui vivent par et pour le mouton. L’avènement de l’Aïd El Kébir est, chaque année, synonyme de fièvre du mouton qu’alimentent des spéculateurs qui s’improvisent « maquignons du vendredi » à Annaba. De nos jours, le phénomène de maquignons en blouson cuir, lunettes noires et sneakers, dernier cri, souvent à bord de bolide haut de gamme, est de plus en plus répandu. Dans les marchés à bestiaux réguliers ou improvisés à la veille de chaque Aïd, ces maquignons du week-end sont presque aussi nombreux que les professionnels et font souvent la loi. Ils sont reconnaissables à leur tenue et à leur comportement. Ce trabendisme « occasionnel » est presque devenu une pratique courante qui a tendance à se généraliser. Il suffit d’une somme rondelette de quelques dizaines de milliers de dinars, un garage à louer pour accueillir une ou deux douzaines de bêtes, un véhicule pour les transporter et le business est monté. Comment est organisé dans la pratique ce business ? Il y a en fait plusieurs manières, dont deux sont les plus courantes. Il y ainsi ceux, qui, à un ou deux mois de l’Aïd, font la tournée des régions les plus réputées pour l’élevage ovin. Et il y a ceux qui guettent les camions bondés de bêtes des wilayas environnantes et d’ailleurs qui débarquent dans Annaba et sa région les jours précédant l’Aïd. Ils achètent ‘’sur pied’’ tout le troupeau. « Ma thabat oualou’’ (ne fait rien descendre), négocions tout le camion, je prends tout. » Lancent-t-ils aux maquignons qui, souvent, préfèrent faire affaire, quand cela est possible, et éviter tous les aléas du souk des grandes villes. Pour les premiers, de Annaba, ils peuvent se rendre jusqu’à Ouled-Djellal. Ils s’approvisionnent aussi et surtout dans la région de Tébessa. Outre la proximité, le mouton de la région de Chréa (Tébessa) est très apprécié par les Annabis. Mais avant l’acquisition du troupeau, il est d’abord question de louer un garage, un hangar, une vieille ferme, une cour ou un patio dans une vieille maison que l’on aménage. Comme l’on peut avoir recours à sa propre villa et à ses dépendances. « Depuis des années, les traditions liées à la fête du sacrifice ont changé. Aux férus des grands moutons bagarreurs, qui faisaient la réputation de la ville, ont succédé des sangsues qui ôtent tout charme à cette fête ». Ce constat amer est fait par un « beldi ». Un bônois de souche dont l’arrière grand-père est né et a grandi en bon citoyen dans la médina. Aujourd’hui, sous la barre de 50.000 dinars, le pauvre citoyen annabi n’aura pas beaucoup de choix… sauf cependant s’il venait à opter pour une chèvre par exemple. Et encore là aussi, les cabris ont poussé des ailes…

B. Salah-Eddine

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