Croyant pouvoir acheter la paix sociale en agissant sur le levier de l’argent

Le gouvernement face à la spirale des augmentations de salaires

11 Avr 2013
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Le secteur de l’Education était hier secoué par une grève nationale, à l’appel de l’UNPEF, un des syndicats du secteur. D’autres grèves sont annoncées dans les prochains jours par d’autres syndicats au moment où les élèves sont dans la ligne droite pour les examens et compositions de fin d’année scolaire. La grève de l’éducation, nonobstant le taux de suivi, vient en fait se greffer aux précédentes protestations qui ont déjà touché d’autres secteurs. Il y a deux semaines, c’étaient les travailleurs des collectivités locales qui ont décidé d’arrêter le travail. Cette grève n’était pas passée inaperçue car les Algériens l’ont bien sentie, à cause des ordures ménagères qui se sont accumulées pendant toute la semaine. Les travailleurs de GTP dans le Sud, eux aussi, ont clamé leur grogne, menaçant la direction d’une escalade dans le cas où elle resterait sourde à leurs revendications. Et ce n’est pas fini, loin s’en faut ! D’autres protestations à caractère purement revendicatif sont attendues dans les prochains jours. Et l’été risque d’être chaud. Ces grèves, à caractère corporatistes surviennent sur fond d’un climat social marqué également par les manifestations tournantes et récurrentes des jeunes chômeurs du Sud. Ces derniers, après leurs démonstrations de forces à Ouargla puis à Laghouat, comptent remettre ça aujourd’hui à Ghardaïa. Face à cette révolte social et alors que le pompier de service, l’UGTA en est juste réduit à constater son impuissance, le gouvernement tente d’éteindre le feu en déversant des milliards de dinars. Si la paix sociale n’a pas de prix, elle a un coût aussi qui risque d’être bien plus cher. Car, le gouvernement Sellal et même celui de son prédécesseur, en répondant aux protestations par des augmentations des salaires à tout va, avec à la clé des rappels sur plusieurs année, il s’est mis malgré lui dans une spirale infernale : celle de revendications. Dans une sorte d’effet de miroir, les secteurs s’imitent tout en renchérissant dans les revendications. Des revendications qui trouvent dans l’inflation touchant quasiment tous les produits une sorte d’appel d’air. Mais la question est de savoir jusqu’où le gouvernement ira-t-il dans cette fuite en avant qui consiste à répondre aux grèves par des apports d’argent sous forme d’augmentations des salaires ? C’est une spirale infernale et les spécialistes, qui voient déjà le danger pointer à l’horizon commencent à mettre en garde. Ainsi, la représentante du FMI, qui était en visite en début du mois, tout en se félicitant de la santé macroéconomique de l’Algérie, avait mis en garde contre les effectifs pléthoriques dans la Fonction publique. « Pour peu que les prix du pétrole dégringoleraient sous la barre mythique de 100 dollars, l’Etat aura du mal à verser tous les salaires et les pensions de retraites » mettait en garde l’économiste Mourad Preure qui dénonçait implicitement la propension du pouvoir à réponde aux revendications sociales par de l’argent. Il y a nécessité pour les pouvoirs publics de sortir de cet engrenage. Mais faut-il pour eux de pouvoir convaincre les Algériens de la nécessité de la rigueur. C’est d’autant plus difficile pour eux que les scandales de corruption, à coups de millions de dollars, ne font qu’attiser les frustrations des citoyens qui se disent « pourquoi pas nous aussi ! »

Omar Zekri

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