Le projet de la forêt récréative prévu depuis des années sur le territoire de la commune d’Ain Tine est sur le point de tomber à l’eau. Inscrite et lancée en 2015, l’opération est actuellement à l’arrêt. Le président de l’Assemblée Populaire Communale (APC), Abdelaâziz Talhaoui, a indiqué tout récemment à L’Est Républicain que le projet traîne, faute de sérieux de la part de l’entreprise détentrice du marché. Selon notre interlocuteur, elle a levé le chantier et ne s’est plus montrée sur le site du projet depuis des années. « L’entreprise chargée d’aménager cet espace récréatif au sein de la forêt du lieudit Lahfari, à l’est de la commune, a réalisé quelques travaux au début du projet, soit en 2015, puis elle a plié bagages et a disparu », nous expliquera Abdelaâziz Talhaoui. Notre informateur révèle, dans ce sens, que des mesures ont été prises, depuis, à son encontre ; mais le chef d’entreprise continue d’ignorer les correspondances qui lui sont adressées. « On lui a adressé deux mises en demeure, mais il (le chef d’entreprise) ne s’est pas manifesté », dira-t-il. Talhaoui précise que la partie qui lui a adressé ces mises en garde est la conservation des forêts car le projet est sectoriel. De son côté, l’APC d’Ain Tine a adressé un rapport aux autorités pour les mettre au courant de l’évolution de ce dossier et du comportement de l’entreprise. « Moi, j’ai fait un rapport détaillé sur la situation. Je l’ai adressé aux autorités. J’y ai dressé un état des lieux exhaustif », a-t-il indiqué. Notre source a qualifié, par ailleurs, cette entreprise de « complaisante », en expliquant que si la situation perdurait encore, on serait dans l’obligation de résilier le marché. « Cette entreprise n’est pas sérieuse. Selon toute vraisemblance, on va vers la résiliation du contrat de travail », souligne notre interlocuteur. Celui-ci ajoute que le secteur des forêts et l’APC ont tout fait pour faciliter le lancement et la concrétisation du projet, mais le détenteur du marché s’est montré défaillant depuis les premiers mois. « Nous avons levé pratiquement toutes les contraintes qui auraient pu retarder les travaux. La plus grosse de ces contraintes était celle des kiosques en bois implantés à l’intérieur du bosquet. Ces structures, au nombre de 18, nous les avons enlevées. Nous avons dépossédé leurs propriétaires par voie de justice car ils n’avaient jamais payé les droits d’exploitation, en vain. Il semblerait que l’entrepreneur ait préféré être porté sur la liste noire que d’honorer ses engagements », a-t-il expliqué. En ce qui concerne la consistance du projet, Talhaoui a précisé qu’il s’agit de la création d’un espace récréatif au milieu de ce bois au profit des riverains et des familles de la région. « L’opération comporte la création d’espaces de détente et de loisirs pour les promeneurs, les pique-niqueurs et les transitaires. On compte équiper le lieu de cafétérias, de structures de jeux pour enfants, de terrains de type Matico, d’un parking, de bancs publics, de locaux de commerce et d’éclairage nocturne », dira-t-il. Signalons que la forêt de Lahfari est située le long de la route nationale 79. Elle présente l’avantage de permettre une vue panoramique sur le flanc-est de l’immense lac de Beni Haroun.
Kamel B.
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