
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, effectue demain une visite de travail en Algérie, dans une première tentative concrète de contenir la crise diplomatique qui empoisonne les deux pays depuis juillet. Le chef de la diplomatie française effectue un vrai test à Alger, lui qui a répété à plusieurs reprises sa disponibilité à se rendre en Algérie, « pour discuter de tous les problèmes » qui se posent entre les deux pays. Il va donc être confronté à la réalité, à travers de très longs entretiens avec son homologue, Ahmed Attaf, et sera très probablement reçu par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, même si cette information demeure à confirmer. Si le programme de la visite du ministre français n’est pas connu avec exactitude, un échange téléphonique, avant-hier jeudi, avec son homologue algérien a donné des pistes de travail. Les deux chefs de la diplomatie ont passé en revue « les principaux dossiers auxquels les deux chefs d’État ont demandé que soit accordée une attention particulière, dans le cadre plus large du règlement des différends qui sont venus récemment contrarier le cours normal de la relation algéro-française », a indiqué le ministère des Affaires étrangères. Parmi les dix points de la feuille de route fixée par les deux Présidents pour relancer les relations franco-algériennes, après 8 mois d’une crise inédite, figurent la reprise des coopérations sécuritaire, migratoire et judiciaire. Du côté français, on estime que l’idée générale, est d’incarner « la reprise du dialogue avec les autorités à Alger et d’opérationnaliser la feuille de route du communiqué conjoint », publié à l’issue de l’entretien téléphonique entre les présidents Tebboune et Macron, a rappelé le porte-parole de la diplomatie française. Ce dernier a cité les points les plus importants, notamment la reprise sans délai de la coopération sécuritaire, la réinitialisation immédiate d’une coopération migratoire « confiante, fluide et efficace, qui permette de traiter de toutes les dimensions de la mobilité entre les deux pays dans une logique de résultats », la poursuite des travaux de la commission mixte d’historiens, qui est toujours à l’œuvre, la « coopération judiciaire » et les questions de coopération économique. « Ce dialogue reprend, c’est une bonne chose et il permettra d’évoquer l’ensemble des sujets qui sont en ce moment des sujets d’intérêt commun pour Paris et pour Alger », a-t-il ajouté. Un premier contact direct donc entre Alger et Paris, qui n’est cependant qu’une première étape vers la solution de tous les points de discorde existants. Si la relance de la coopération sécuritaire et le dossier de la mémoire est quasiment actée, le sujet de l’émigration et la lancinante question du Sahara occidental continueront de constituer une pomme de discorde et continueront de faire l’objet de discussions permanentes. Certains autres dossiers, liés notamment à l’entraide judiciaire, vont être traités avec le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, qui viendra lui aussi à Alger dans les prochaines semaines.
Akli Ouali
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