
Les pays de l’OPEP+ ont décidé d’agir pour tenter de stabiliser le marché pétrolier mondial, lourdement impacté depuis le début de l’année. Réunis avant-hier jeudi par visioconférence, les ministres de l’Énergie des membres de cette organisation ont pris une mesure stratégique. Selon un communiqué du ministère de l’Énergie et des Mines, l’organisation a décidé d’ajuster sa production pétrolière, avec une hausse de 411.000 barils par jour, au cours du mois de mai prochain. Les représentants des pays concernés, en l’occurrence l’Algérie, le Royaume d’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan et le Sultanat d’Oman, ont opté pour cette augmentation de la production afin de stabiliser le marché. « Les ministres ont discuté de la situation du marché pétrolier mondial et de ses perspectives d’avenir », indique le communiqué du ministère. Et d’ajouter : « Compte tenu des perspectives positives du marché et conformément aux décisions prises le 5 décembre 2024, confirmées le 3 mars 2025, les pays participants ont convenu d’un ajustement de production de 411.000 barils par jour au cours du mois de mai 2025. » Cette augmentation, progressive et flexible, lit-on dans le même document, pourra être suspendue ou ajustée en fonction de l’évolution du marché, afin d’assurer un soutien continu à la stabilité. Dans la foulée, les pays concernés ont également réaffirmé leur engagement à compenser tout excédent de production depuis janvier 2024 : « Au terme de la réunion, les ministres des huit pays de l’OPEP+ ont convenu de tenir des réunions mensuelles, afin de suivre l’évolution du marché pétrolier et d’examiner le respect des accords et des compensations. La prochaine réunion est prévue pour le 5 mai, date à laquelle les niveaux de production pour le mois de juin 2025 seront déterminés », précise aussi la même source. Pour rappel, depuis le début de l’année 2025, le marché du pétrole subit une pression baissière significative. À la date d’hier, vendredi 4 avril, les cours du Brent et du WTI (West Texas Intermediate) affichaient des baisses cumulées de plus de 7 %. Selon plusieurs sites spécialisés, cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique et commercial instable. Une situation accentuée par des décisions stratégiques majeures prises par les membres de l’OPEP+, indiquent les mêmes analyses. Après les annonces de rétorsion de Pékin dans la guerre commerciale lancée par les États-Unis, le Brent, référence en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, a plongé à son plus bas niveau depuis 2021. Le pétrole de la mer du Nord pour livraison en juin a chuté de 5,83 %, à 66,05 dollars le baril, après avoir brièvement touché les 65,36 dollars, son plus bas niveau depuis août 2021. Le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, pour livraison en mai, a quant à lui reculé de 6,24 %, à 62,77 dollars.
Samir Rabah
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